Fièvre typhoïde

Données et chiffres

21 millions

cas par an

222 000 décès par an

dus à la fièvre typhoïde

90 % de morbidité et mortalité

en Asie

Santé publique

La fièvre typhoïde est une infection systémique qui reste un important problème de santé publique dans les pays en développement, principalement en Asie.

Une menace pour les populations vulnérables des pays à faible revenu

Transmission

La fièvre typhoïde est une infection systémique causée par la bactérie Salmonella enterica sérotype Typhi, généralement par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés. L’infection est transmise par la voie orofécale, et la maladie est associée à une mauvaise hygiène, à un manque d’accès à une eau potable propre et à de mauvaises installations sanitaires.

L’être humain constitue le seul hôte contaminé connu ; la maladie se propage presque exclusivement par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés par les matières fécales d’individus touchés par la fièvre typhoïde ou de porteurs sains. Les bactéries peuvent survivre pendant de longues périodes dans l’eau, la glace, la poussière et les boues d’épuration séchées, qui peuvent alors devenir des sources d’infection.

L’eau polluée est la source de transmission de la fièvre typhoïde la plus courante

Épidémiologie

Bien que la fièvre typhoïde soit généralement considérée comme une maladie endémique, elle présente également des épidémies, résultant souvent de la contamination ou de la défaillance des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement.

L’infection est particulièrement fréquente chez les enfants d’âge scolaire.

Les décès dus à la fièvre typhoïde touchent principalement l’Asie. En Afrique, l’estimation de la charge morbide est limitée par l’insuffisance des données.

Symptômes

La forme aigüe de la maladie est caractérisée par une fièvre prolongée, des céphalées et nausées, une perte d’appétit ainsi qu’une constipation ou parfois une diarrhée. Les symptômes sont souvent non spécifiques et ne peuvent être distingués cliniquement d’autres maladies fébriles.

Cependant, la gravité clinique est variable, et les cas aigus peuvent entrainer de graves complications voire le décès. La constipation survient généralement chez les enfants plus âgés et les adultes, tandis que les jeunes enfants peuvent souffrir de diarrhée. La maladie peut s’étendre sur plusieurs semaines voire mois. Les complications les plus fréquentes comprennent le délire et l’état de choc, les saignements gastro-intestinaux, et la perforation intestinale.

Traitement et prévention

La fièvre typhoïde se traite efficacement par antibiotiques ; cependant, l’augmentation des résistances aux antibiotiques dans de nombreuses régions rend cette option de traitement de plus en plus difficile et couteuse.

En termes de prévention, deux vaccins antityphoïdiques sont actuellement recommandés :

  • un vaccin polyosidique injectable, conçu à partir de l’antigène VI purifié (appelé vaccin polyosidique Vi), destiné aux individus de deux ans et plus ;
  • un vaccin vivant atténué oral Ty21a, sous forme de capsule, destiné aux individus de plus de cinq ans. L’OMS a recommandé l’administration du vaccin polyosidique Vi et du vaccin Ty21a pour lutter contre la maladie endémique et les flambées.

En outre, l’OMS a recommandé que tous les programmes de vaccination antityphoïdique soient mis en œuvre en parallèle d’autres efforts pour lutter contre la maladie, notamment une éducation sanitaire, une amélioration de la qualité de l’eau et des installations sanitaires, ainsi que la formation de professionnels de la santé pour le diagnostic et le traitement.

Plusieurs vaccins expérimentaux conjugués protéine-polysaccaride Vi sont en cours de développement (ou sont homologués au niveau national mais pas sur le marché international) et devraient être disponibles prochainement pour la vaccination des nourrissons.