Choléra

Le choléra demeure une menace à l’échelle mondiale, particulièrement dans les pays en développement, partout où l’accès à une eau potable salubre et à des installations sanitaires n’est pas garanti ; cela inclut les bidonvilles et les camps de réfugiés. La maladie fait partie d’un des principaux indicateurs de développement social. Elle affecte les populations les plus démunies à travers le monde et aggrave la pauvreté.

Données et chiffres

>172 000 décès

dus au choléra en 2015

41 % des cas

sont survenus en Afrique

37 % des cas

sont survenus en Asie

80 % des cas

peuvent être traités par sels de réhydratation orale

3 vaccins oraux

offrent une protection contre le choléra

Épidémiologie

La charge mondiale annuelle du choléra

est estimée entre environ 1,3 à 4,0 millions de cas, dont 21 000 à 143 000 décès. Cependant, de nombreux cas ne sont pas signalés en raison de systèmes de surveillance limités, et par crainte des répercussions sur le commerce et le tourisme. À l’heure actuelle, malgré de nombreux efforts à l’échelle nationale et internationale, le choléra demeure une maladie négligée et sous-notifiée.

Agent pathogène et transmission

Le choléra est une infection intestinale aigüe

provoquée par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés par la bactérie Vibrio cholerae. Celle-ci dispose d’une courte période d’incubation et produit une entérotoxine qui déclenche une diarrhée abondante, indolore et aqueuse pouvant rapidement entrainer une grave déshydratation, voire le décès si aucun traitement n’est administré au plus vite. Le choléra touche les enfants comme les adultes. La plupart des personnes infectées par V. cholerae ne tombent pas malades ; cependant, la bactérie est présente dans leurs matières fécales pendant 1 à 10 jours après l’infection, et peut ainsi potentiellement infecter d’autres personnes. Pour les personnes chez qui les symptômes apparaissent, ceux-ci sont légers ou modérés pour la majorité d’entre elles ; en revanche, chez une minorité, une diarrhée aqueuse aigüe se déclenche, associée à une grave déshydratation, pouvant entrainer le décès en l’absence de traitement.

Traitement

Le choléra est une maladie qui se traite facilement

Avec un traitement rapide et adéquat, le taux de létalité reste normalement inférieur à 1 %. La plupart des personnes peuvent être traitées efficacement par sels de réhydratation orale (SRO). Le sachet de SRO standard de l’OMS/UNICEF doit être dissout dans un litre d’eau propre. Il est possible que 6 litres de SRO soient nécessaires chez le patient adulte pour traiter une déshydratation modérée lors du premier jour. Les cas graves nécessiteront quant à eux un traitement rapide par solutés et antibiotiques intraveineux ; cependant, l’administration massive d’antibiotiques n’est pas recommandée, étant donné que ses effets sur la propagation du choléra ne sont pas prouvés, et qu’elle contribue à renforcer la résistance antimicrobienne.

 

Maladie endémique et épidémique

Le choléra est à la fois une maladie endémique et épidémique

De nos jours, elle est endémique dans de nombreux pays. Une région d’endémie du choléra est une zone où des cas confirmés de choléra ont été détectés sur 3 des 5 dernières années, avec transmission locale avérée (c.-à-d. que la maladie n’a pas été importée d’une autre région). Une épidémie de choléra (ou flambée) est caractérisée par la survenue d’au moins 1 cas confirmé de choléra avec transmission locale avérée, dans une région normalement non touchée par le choléra. Presque tous les pays en développement sont confrontés à des flambées de choléra ou à la menace d’une épidémie de choléra.

Lutte et prévention

Le choléra peut être combattu en mettant en place une stratégie complète qui associe surveillance épidémiologique, hygiène et assainissement de l’eau, traitement et vaccins anticholériques oraux, ainsi qu’à travers l’information, la sensibilisation et la formation des professionnels de la santé et des communautés.

Assainissement de l’eau

Pour combattre cette maladie hydrique hautement infectieuse, il est essentiel de mettre en place des mesures d’assainissement de l’eau : approvisionnement en eau propre, aménagement de systèmes efficaces pour l’évacuation des eaux usées (notamment des latrines) et d’autres installations sanitaires, ainsi que la sensibilisation et l’instauration de pratiques d’hygiène. Cependant, même si l’amélioration de la qualité de l’eau et des installations sanitaires constitue la base de la prévention et d’une lutte durable contre le choléra, ces objectifs requièrent du temps et un investissement sur le long terme pour être réalisés, particulièrement dans les pays pauvres où les maladies entériques sont endémiques.

Vaccins anticholériques oraux

L’administration de vaccins anticholériques oraux (VAO) doit être réalisée en parallèle des améliorations de la qualité de l’eau et des installations sanitaires, pour la prévention et la lutte contre les flambées de choléra dans les régions que l’on sait à haut risque pour le choléra. Il existe actuellement 3 VAO préqualifiés par l’OMS : Dukoral®, Shanchol™ et Euvichol®. Pour les 3 vaccins, 2 doses sont nécessaires pour conférer une protection complète. En 2013, l’OMS a constitué une réserve de 2 millions de doses pour lutter contre les flambées et intervenir en cas d’urgence. Dans les contextes extérieurs aux situations d’urgence, les VAO sont utilisés dans le cadre d’un plan de lutte à long terme contre le choléra, associé à des stratégies de lutte contre la maladie. À ce jour, plus de 5 millions de doses de VAO ont été utilisées dans le cadre des campagnes de vaccination de masse, avec le soutien de l’OMS. Ces campagnes ont été mises en œuvre dans les régions où des flambées sont survenues, dans les régions en situation de crise humanitaire particulièrement vulnérables, et parmi les populations vivant dans des régions de forte endémie.

Le choléra en Afrique

Le choléra demeure une importante cause de morbidité et de mortalité dans de nombreux pays d’Afrique, la région subsaharienne étant la plus touchée au monde par le choléra. Selon l’Institut Pasteur, c’est en Afrique que la situation est la plus préoccupante. En 2009, 98 % de l’ensemble des cas de choléra signalés à l’OMS sont survenus en Afrique. L’accès à une eau et des installations sanitaires salubres demeure insuffisant dans de nombreux pays d’Afrique.

« Une lutte efficace contre le choléra repose sur une démarche volontariste et des actions ciblées, adaptées aux besoins locaux. Elle fait appel à la mobilisation sociale et est en outre préparée et conduite par les autorités locales et les acteurs de terrain, avec le soutien des autorités gouvernementales et internationales. »
Conclusion de la 4e conférence d’IDEA Afrique à Cotonou, Bénin, 5-9 oct. 2015

Le choléra en Asie

La région de l’Asie du Sud-est, qui comprend le Bangladesh et l’Inde, présente les plus importantes populations à risque pour le choléra. Les cas signalés en Asie ont augmenté de presque trois fois entre 2010 et 2011 et ont présenté un nombre accru de décès. De nombreux pays de la région font face à des facteurs de risques connus pour les flambées de choléra, comme la pauvreté, le manque de développement et la forte densité de population. En outre, la région est sujette à des conditions climatiques extrêmes ainsi qu’à des inondations fréquentes et étendues susceptibles de contaminer les sources d’eau et de disperser les populations.

Dans de vastes régions d’Asie, des centaines de milliers de cas de choléra ne sont pas pris en compte en raison de systèmes de surveillance extrêmement limités.

Pour lutter contre le choléra, IDEA Asie applique une stratégie multisectorielle intégrée. Celle-ci se focalise sur 6 domaines d’action et 6 objectifs politiques :

  1. Élaborer des plans d’action nationaux de lutte contre le choléra et mettre en œuvre des feuilles de route dans les pays exposés au choléra.
  2. Collaborer avec les décisionnaires et les professionnels de la santé afin de reconnaitre le choléra comme un problème de santé publique que l’on peut prévenir, combattre et, à terme, éradiquer.
  3. Garantir l’approvisionnement eau salubre, les installations sanitaires et l’hygiène, conformément au septième objectif du Millénaire pour le développement.
  4. Établir un système de surveillance du choléra efficace.
  5. Agir pour la recommandation, l’utilisation, la disponibilité et l’accès à une vaccination anticholérique, dans le cadre d’une approche coordonnée avec d’autres opérations.
  6. Améliorer les connaissances et comportements relatifs au choléra parmi les populations.

Chaque objectif politique décrit la situation actuelle, les actions et les stratégies. Plus en savoir plus, consulter : Prévention, contrôle et élimination du choléra : actions prioritaires proposées par l’Initiative contre les maladies diarrhéiques et entériques en Asie

Source : CDC Choléra en Asie du Sud-Est